Mais... C'était qu'une blague m'sieur.


Parlons Harcèlement Scolaire.

J'ai toujours eu du mal à me faire des amis. Je ne suis pas très jolie, pas très drôle (disons que mon humour est particulier), et beaucoup trop franche. On aurait pu croire que dix ans après j'aurais fini par changer et à me conformer à ce que l'on attendait de moi pour éviter de me retrouver de nouveau seule. Et bien, ce n'est pas le cas et je ne le regrette pas le moins du monde (et les personnes qui m'entourent se sont parfaitement accoutumées).


Aujourd'hui, si j'écris c'est concernant un sujet particulier, d'actualité. Le harcèlement scolaire. Parce que comme beaucoup d'entre vous, j'en ai été victime. Parce que je sais qu'il faut en parler, qu'il ne faut pas laisser passer les choses et qu'il faut se battre coûte que coûte. Plus facile à dire qu'à faire, je sais. Je n'ai pas de solution miracle. Si vous êtes dans cette situation, tournez vous vers un adulte qui pourra vous aider. Si vous êtes un parent qui veut protéger son enfant, prenez contact (au numéro vert 3020) avec des gens qui peuvent prendre les choses en main et vous épauler afin que cela cesse. 

En fait, je vais juste parler de mon expérience, de mon ressenti, je vais exposer des faits. Je vais ouvrir ma grande bouche une bonne fois pour toutes. Parce que oui, mon caractère ne plaisait pas, parce que j'étais un peu différente des autres, parce que je ne voulais pas rentrer dans le moule, on a fait de moi une sombre merde. Parce que NON, ce n'est pas normal bordel. Et surtout parce que le harcèlement, ce n'est pas seulement physique. Ca peut être aussi psychologique.


Prêts ? C'est parti.


Années collège :
J'étais en quatrième. Un garçon de ma classe m'a coincé dans un coin afin de me toucher les parties intimes. Ca n'a duré que quelques secondes mais ça a suffit pour me traumatiser. Je l'ai dénoncé à mon CPE (qui n'a d'ailleurs rien fait), et les ennuis ont commencé. Je suis médisante. Le gars a quand même été convoqué et a sorti : " - Mais, c'était qu'une blague, m'sieur ! ". Evidemment, comme c'était juste une blague, on va pas prendre ça trop au sérieux. Il était très apprécié, et moi je n'étais que la fille qui racontait des histoires pour faire parler d'elle. Des nanas m'ont frappé dans les toilettes, je suis rentrée chez moi sous une pluie d'insultes plus d'un millier de fois, et je me rendais malade à chaque fois que je devais mettre le pied dehors pour aller à l'école. 
Je ne suis même pas certaine que mes parents se soient rendus compte de quoi que ce soit à l'époque, ni s'ils le savent aujourd'hui...

Années Lycée : 
Deux établissements. Le premier, j'ai osé tenir tête à la "meneuse" de notre groupe d'amies, lui disant de cesser de faire le petit chef alors que tout le monde devait avoir son mot à dire. Je n'avais pas accès à internet, ni de portable et voilà que le lundi j'arrive après mon week end et que tout le monde m'ignore, à part peut-être une copine. Elle a été la seule à ne pas agir comme les autres, mais elle n'a pas non plus agit pour m'aider à m'en sortir. Se taire, c'est cautionner. Se taire c'est être spectateur, et c'est ignorer une mise en danger d'autrui dans cette situation. Bref, des petites insultes, des petites piques dans les couloirs, l'isolement, voulu par ces filles qui ne se gênaient pas pour me tailler une sale réputation. Je l'ai très mal vécu, mais... Qui sait ? Peut-être qu'elles s'en veulent aujourd'hui. Certaines ne se souviennent de rien (monku ouais), d'autres regrettent apparemment. Bof, j'ai eu la chance de passer au-dessus et de découvrir qu'elles ne valaient rien si elles m'avaient traité de cette manière. Le retour de baton tombera un jour ou l'autre, même si je n'y serais pour rien, j'ai confiance.

Le deuxième a été le pire. L'année des scarifications, de ma période émo, des cheveux de toutes les couleurs, du khôl jusqu'aux sourcils. On ne peut pas faire plus différent. Et c'est bien connu que la différence, les gens n'aiment pas. Je ne vous parle pas de ma soit-disant meilleure amie qui a fini par me lâcher comme une merde parce que son meilleur pote m'avait largué. Que tout mes amis m'ont laissé tomber (encore une fois) parce que non, je n'acceptais pas de me faire traiter de cette manière et que non je ne fermais pas ma gueule et que NON, je n'avais pas envie de redevenir chatain avec du gloss. On ne m'a plus jamais frappé. Mais on m'a humiliée, on m'a tenu à l'écart dans toute une classe. On m'a insulté, on m'a rabaissé. 
J'ai fini, quand même, par quitter les études juste avant mon bac, ayant grâce à mes chers petits camarades, développé une magnifique phobie scolaire. 

Donc non. Ne laissez pas faire ça si vous en êtes témoins. Parents, enfants, professeurs, voisins, que sais-je, encore ? J'ai eu la putain de chance d'avoir un moral d'acier qui a tout de même fini par flancher, mais tout le monde n'est pas comme moi. Parce que la solution de facilité, les lames qui s'enfoncent plus profondément, j'aurais pu céder et mourir. Mais non, je ne voulais pas leur donner raison. 

Faites vous aider. Aidez-en, vous-même. 
Ne les laisser pas gagner. 






6 commentaires

  1. Salut ! Je n'ai jamais compris cette haine des autres ... j'ai un peu vécu ça aussi, sans que ça aille aussi loin que toi tout de même, mais ça m'a détruite, enfin à l'époque et pendant de nombreuses années ... Pour ma part, c'est une fille qui était jalouse de moi qui me faisait vivre un enfer depuis la maternelle jusqu'au collège en racontant des bétises sur mon compte. J'ai été très longtemps exclue, mise à l'écart, et une fois on m'a fait manger de l'herbe de force. Cette violence, qu'elle soit physique ou psychique, ne doit pas être tolérée. Si des personnes lisent ton article, n'hésitez pas à en parler, ce n'est pas normal que l'on vous traite comme ça. Bises ma belle.

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    1. Salut ! J'aimerais tellement recueillir un max de témoignages pour en faire un article. J'aimerai que les gens se rendent compte à quel point c'est dur de se retrouver dans la position du harcelé et peut-être pourquoi pas, partager la position du harceleur.
      Bref, maintenant, je suppose que tu guéris au fur et à mesure, comme moi ? J'espère en tout cas !

      Bisous à toi !

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  2. Coucou,

    Je me reconnais énormément dans ton article et honnêtement ça fait du bien, on se sent moins seule... J'ai été tout au long de ma scolarité au pire harcelée au mieux mise à l'écart et en toute honnêteté, niveau confiance en soi bah ça laisse de sacrées séquelles.

    J'ai eu droit aux SMS anonymes menaçants/insultants, aux repas de midi enfermée seule dans les WC pour éviter de me faire emmerder, aux moqueries sur mon poids au collège, à la fameuse tête de groupe/fausse pote capable de retourner toute une classe contre toi, aux conversations Twitter sur ma gueule et j'en passe des meilleures...
    Et de la même manière que toi, j'ai toujours refusé de fermer ma gueule, parce que je savais que les autres étaient injustes et j'ai toujours refusé de me plier aux injustices.
    J'ai toujours fait office de meuf bizarre avec une attitude et des centres d'intérêt bizarres alors que je ne faisais rien de dingue hormis être moi-même et rester fidèle à mes valeurs... Et c'est terriblement blessant d'être rejetée pour ça, surtout lorsqu'on est ado.
    J'ai appris ma douance cette année, et même si ça m'a permis de comprendre certaines choses sur moi-même (notamment au niveau de mes soucis d'adaptation sociale), je reste toujours remuée par ce que j'ai vécu et je doute énormément de mon potentiel et de mon aptitude à intéresser les gens/me faire des amis.

    Du coup merci de sensibiliser les gens à tout ça, parce que oui le harcèlement scolaire existe mais non ce n'est pas normal, le pire étant qu'il se présente souvent sous une forme plus insidieuse qu'il n'y paraît et qui tend à l'invisibiliser aux yeux d'un corps enseignant soit négligeant soit adepte de la politique de l'autruche... Les mots, les non-dits et la mise à l'écart sont terriblement destructeurs.

    Des bisous, et merci pour cet article !

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    1. Pour tout te dire, j'ai fini la série 13 reasons why, hier. Au final, je trouve qu'elle représente assez bien ce que l'on peut vivre au quotidien quand on est une personne harcelée.
      Ce que je lis, ce que tu viens d'écrire me fait mal au coeur. Vraiment. Plus mal que pour moi en fait.

      Je ne comprendrais jamais ce besoin de faire du mal aux autres par simple plaisir. C'est simplement abominable.
      Je suis cependant heureuse que tu viennes témoigner ici, c'est important.
      N'hésite pas à me contacter par mail, en cas, ça me ferait vraiment plaisir.

      Bisous.

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  3. J'ai connu ça aussi au collège. Un m...... qui ne supportait pas que je lise dans le car qui nous menait au collège. Il me traitait de tous les noms et disait aux autres que j'écoutais de la musique classique. Il ne fait pas bon d'avoir des lunettes et d'aimer lire au collège. Ça me rendait malade de rage de ne rien oser faire. J'aurais tellement aimé les frapper à mort lui et ses copains. Ma consolation a été que moi je m'en suis TB bien sortie par la suite. Lui est devenu alcoolo et croupit dans son misérable petit univers étriqué.

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    1. Ma pauvre.
      C'est là qu'on voit que la roue tourne et que le karma fini par s'occuper de ceux qui le méritent !

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